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Rapide coup d’oeil sur la succession des âges
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Envoyer par courrielsamedi 16 janvier 2010 par vieux jade
L’or constitue à lui seul un autre mythe. L’ AOR hébreu désigne la lumière. De fait, l’AURUM latin a bien des propriétés de la lumière, ne serait-ce que parce qu’il ne se corrompt pas. Il semblerait qu’il ait un intérêt particulier pour un certain type de sauriens qui depuis l’aube des temps cherche à mettre la main dessus, mais ce n’est pas ici le sujet. Restons-en à l’Or, Lumière.
Dans ce contexte, la lumière également partagée (le soleil brille pour tout le monde) n’a pas de limite. C’est un temps d’illumination, qui évoque l’enfance du monde, mais aussi l’enfance du fœtus non séparé, hors du temps, irradié par les énergies de la mère en fusion. L’âge dort.
Un peu plus tard, un peu plus loin, un peu plus bas, l’âge d’argent. C’est le temps des raisonneurs. A l’école on apprend la logique, qui va pas à pas et a oublié ce qu’était l’intuition. On dit qu’on apprend par cœur, alors que justement le cœur vient d’être mis au rencart. Par commodité, on installe des clôtures. C’est mieux, chacun chez soi. L’argent brille, lorsqu’il est astiqué, et met les diverses couleurs en valeur. Découverte de la valeur, par comparaison. Si le silence est d’or, la parole est d’argent. C’est l’âge des beaux discours et doctes péroraisons. De la pub.
Avec l’âge d’airain, j’ai failli écrire des reins, Vénus entre en scène. Waouh. Synonyme de bronze, l’airain est un mélange de cuivre, qui a toujours symbolisé l’amour, et d’étain qui y mêle des nuances de gris. Ces deux métaux ont de remarquables particularités immédiates : le premier, comme l’or, existe à l’état natif, de couleur rouge, le second émet, du fait d’une forte cristallisation, un bruit semblable à un pleur, à un cri, lorsqu’on le plie. L’âge d’airain est le temps de l’amour, et de la guerre. Des pleurs, des cris, du brasier des sens, des chocs de toute nature.
Chacun ayant ramené (provisoirement, tout au moins) sa chacune, enfin soumise dans son gourbi, comme chantait à peu près Chedid (le père), une fois la paix plus ou moins revenue, il est temps de faire. L’âge de faire. Des enfants, entre autres. Caïn assomme Abel, l’Ami de Dieu, se met de la cire dans les oreilles, et commence à construire des villes et des usines. Comme il a toujours le sang chaud, il fabrique aussi des bombardiers. Des fois que ?
Quand l’âge de faire se fait vieux, il rouille (l’âge). Bouffé par l’oxygène dans lequel il cherche toujours et encore plus sa survie, il s’auto-consume. Invention de la science et de la médecine, et des curés. (Je fais dans le très raccourci.)
Il y a alors deux options principales : certains vieillards vont peu à peu glisser du faire vers le non faire, et ça donne généralement des grand-pères et grand-mères que les petits enfants n’oublient jamais. Ils se retirent du monde tout en étant constamment présents, vivent dans des sortes de grottes mémorielles, comparables au ventre d’une Mère cosmique, dans l’Age d’Or retrouvé. D’abord redevenus comme des enfants, allégeant leur substance, ils finissent parfois par retomber en enfance et renouent avec le plaisir de se faire pipi dessus.
D’autres refusent, de plus en plus irascibles et tyranniques, de céder un pouce de leur territoire et de leur pouvoir. Abdiquer ? Après eux, le déluge. Parfois pendant, à force de laisser monter. Ce genre de minéralisation finit rarement bien.
A la relecture, cette petite fantaisie peut être entendue à plusieurs niveaux, me semble-t-il.






